Présents composés

2020
 | 138 pages
15,00 $ (papier)
9,99 $ (EPUB et PDF)
ISBN PAPIER 
978-2-923830-98-8
ISBN EPUB 
978-2-925085-00-3
ISBN PDF 
978-2-923830-99-5

À PARAÎTRE LE 3 NOVEMBRE

Collection Sauvage - Nouvelles

Bad boy. Cette expression, plus encore que « mauvais garçon » traîne avec elle un cortège d’images et d’impressions, plus ou moins clichées,  plus ou moins vraies, mais très cinématographiques. On pense par exemple à James Dean, ou à Marlon Brando et Alain Delon, jeunes. Aux  skaters de Larry Clark. Aux chauffards des films de voitures de course des années 1950. Aux jeunes paumés des films néo-réalistes du cinéma italien. À l’univers de la nuit, à ceux du rock ou du hip-hop. Un  bad boy, c’est un concept qui englobe tout et rien à la fois, et sa définition varie selon le contexte culturel ou social, l’époque, mais aussi les fantasmes et les expériences de chacun.
Ce qui ne change pas, c’est que celui qu’on appelle ainsi est séduisant et qu’il a du sex-appeal. Ce n’est pas nécessairement un voyou, mais il en possède l’insolence, l’arrogance et le je-m’en-foutisme. Il n’est pas conformiste. C’est un rebelle qui suit son chemin, qui veut tout expérimenter, il est amateur de sensations fortes. Il est entier, charismatique, passionné, dominant. Il peut-être égoïste, mais aussi posséder un coeur et des sentiments. Seulement c’est à sa façon qu’il les vit. Il ne les montre pas facilement. La plupart des filles et des femmes le trouvent séduisant et sont prêtes à lui pardonner bien des incartades. Les hommes l’admirent ou en sont jaloux.
Dans Présents composés, le concept est à la fois dilué et questionné. En effet, à travers les personnages, il peut y être garçon ou fille, hétérosexuel ou homosexuel, n’en garder que quelques aspects. Les héros de ces nouvelles suivent leur voie coûte que coûte, veulent être libres, vivre comme ils l’entendent en refusant la soumission, mais parfois ils découvrent qu’être un bad boy ou une bad girl n’est pas toujours facile et qu’il faut faire des choix, des concessions pour rester fidèle à soi-même ou pour ne pas perdre les gens que l’on aime. Mais jusqu’à quel point?


RÉSUMÉ DES CINQ NOUVELLES

Mauvais garçon
Montréal, une boîte de nuit, une tempête de neige. Le narrateur vient d’apprendre que son copain l’a trompé, ce que ce dernier ignore. Entre colère et désarroi, il se laisse séduire par un barman, avec peut-être l’idée de se prouver qu’il est libre lui aussi. Mais qu’est-ce que cela signifie, « être libre » ? Entre sexe, alcool et drogues, il va se rendre compte que ce n’est pas toujours facile d’être un mauvais garçon…

L’indécis
Montréal. Anthony a une vie bien remplie, entre ses études, son travail et ses conquêtes. C’est quelqu’un qui a du succès dans tous les domaines. Son défaut principal ? Se laisser aller aux fantaisies dictées par son indécision chronique, mais soigneusement cachée.

Valentine
Paris. Valentine, étudiante à la Sorbonne, à un moment de cafard. Elle se rappelle une soirée semblable quelques années auparavant. Contre toute attente elle y rencontra David. Suivit une relation bancale dont elle n’arriva pas à se sortir jusqu’au jour ou la décision fut prise. Mais pas par elle…

Le présent composé
Paris, un jour de pluie. Le narrateur est heureux en couple, très amoureux. Il multiplie pourtant les aventures et les liaisons. Il tente de se mettre à la place de l’autre, mais n’arrive pas à ressentir de vrais regrets. Le devrait-il ? Changer, se contraindre ne signifierait-il pas brimer sa liberté ?

Une fenêtre ouverte
Paris, lors d’un été torride. Écrivain en panne d’inspiration, le narrateur se met à observer ses voisins d’en face qui semblent agir étrangement et se prend au jeu tout en réglant cavalièrement ses affaires apparemment sentimentales.


EXTRAITS 
« Ce fut viscéral, tangible, avec images et sons à l’appui. Le vent chargé d’eau fouettant les vitres, la chaussée brillante comme du vinyle. Les cahots, la proximité impersonnelle, les gestes indifférents, et soudain, son visage qui se tourne vers moi, le claquement des portes, son regard qui semble vouloir me transpercer, les battements de mon coeur, sa bouche esquissant ce certain sourire si particulier, hésitant et charmeur. Le parfum des feuilles mortes et des pierres noyées sous le brouillard et la pluie, et une rafale d’images comme autant de clichés photographiques pris au hasard du boulevard de Courcelles, de la rue Chauveau-Lagarde, avec ensuite la Seine, la rive gauche, Saint-Germain-des-Prés. »

« Je me retrouvai donc chez lui, à quelques minutes de là, dans sa chambre sous les toits, et tout de suite, dans la pièce presque ronde, exiguë, aux hautes fenêtres penchées et légèrement entrouvertes sur la pluie, ce furent les vêtements arrachés à la hâte, les corps empoignés, les bouches qui se cherchent et se dévorent, les mouvements cassants et brutaux, presque maladroits, les soupirs, les sexes qui se trouvent, se séparent mais accèdent ensemble au plaisir, qui surgit et balaie tout sur son passage : hésitations, calculs, scrupules, ombres de culpabilité.
Ce n’était pas non plus une copulation sauvage qui, une fois conclue, se serait traduite par le silence, la séparation définitive, un “ciao” glacial et sec. Pas seulement. Il y eut aussi une certaine tendresse. Et encore de la complicité. Peut-être est-ce là que commence réellement l’amoralité, l’infidélité, la vraie trahison ? Sans trop y réfléchir, j’y ai vu de la délicatesse. »